Communiqué

Le Vérificateur général présente un audit particulier sur le NM F.-A.-Gauthier

Québec, le 29 octobre 2020. – La vérificatrice générale, Mme a présenté aujourd’hui un audit particulier concernant la gestion et les agissements de la Société des traversiers du Québec (STQ) dans le cadre de la conception et de la construction du NM F.-A.-Gauthier.

Elle conclut que la STQ n’avait pas toutes les compétences pour mener à bien le projet de conception et de construction d’un navire de l’envergure du NM F.-A.-Gauthier et n’a pas réussi à s’adjoindre les ressources nécessaires pour pallier ce manque. Ainsi, les décisions prises par l’organisation ont eu des conséquences sur la qualité du navire, de même que sur les services rendus à la population qui utilise la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout.

Rappelons qu’en 2018, le bris des propulseurs du NM F.-A.-Gauthier a entraîné la mise hors service du traversier pendant 13 mois, ce qui a engendré des coûts de 22,2 millions de dollars, en plus des 170,2 millions de dollars investis pour l’acquisition du navire. Il a alors été constaté que les mesures mises en place par la STQ pour atténuer les risques en cas d’une interruption d’un service essentiel de traversier se sont avérées insuffisantes. Ces risques étaient pourtant d’autant plus importants que le NM F.-A.-Gauthier est un prototype utilisant des technologies innovantes.

Le processus choisi pour sélectionner le constructeur du NM F.-A.-Gauthier n’était pas arrimé aux pratiques de l’industrie navale. Ainsi, des 16 entreprises qui ont été identifiées, 8 ont réussi à se qualifier en fonction des critères établis par la STQ, mais seulement 3 ont déposé une offre de prix. De ce nombre, une seule offre a ensuite été déclarée conforme, soit celle de l’entreprise italienne Fincantieri.

La vérificatrice générale affirme qu’il aurait de plus été primordial que la STQ se fasse accompagner en Italie par une équipe plus nombreuse et apte à surveiller un chantier d’une telle ampleur. La STQ s’est trouvée à devoir s’appuyer grandement sur des mécanismes de contrôle qualité ne correspondant pas aux pratiques observées dans l’industrie navale.

Enfin, la STQ n’a pas été en mesure de tirer avantage de plusieurs éléments de négociation avec le constructeur. À titre d’exemple, elle a conclu des ententes plutôt que d’utiliser la garantie pour faire corriger certains défauts, tels que des panneaux de cloisons fissurés; une pénalité de 3,85 millions de dollars pour le report de la date de livraison du navire n’a pas été appliquée et 54 défauts jugés non corrigibles par le constructeur et ayant des impacts sur la qualité, ainsi que sur l’efficacité et la sécurité du fonctionnement du navire n’ont pas été réparés ou compensés financièrement par le constructeur.

Rapport

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